IL FAUT QUE CA CHANGE (Le SO SOIR)

IL FAUT QUE CA CHANGE (Le SO SOIR)

Les médias en font part régulièrement: le secteur Horeca souffre cruellement. Après la pandémie, les restaurants et les hôtels ont pris de plein fouet la crise énergétique et l’inflation… Aujourd’hui, les restaurateurs s’associent pour demander officiellement l’aide du gouvernement et une pétition a été lancée ce matin. C’est le slogan choisi par le secteur de l’Horeca ce matin pour demander officiellement le soutien du gouvernement, mais aussi de tous ses clients. Dans une lettre ouverte publiée ce matin: les restaurateurs, traiteurs, cuisiniers et gérants de bars expliquent les défis auxquels ils sont confrontés depuis quelques années. « Des défis qui mettent en péril notre profession, notre savoir-faire, mais aussi notre équilibre de vie et notre santé mentale. Nous sommes épuisés. Notre amour pour notre métier s’effrite malgré notre dévouement. » Voilà en substance le message qu’ils envoient aujourd’hui. En effet, les restaurateurs expliquent que malgré une volonté de proposer des produits de qualité, durables et locaux, tout en maintenant des prix honnêtes, les difficultés qu’ils rencontrent ne leur permettent plus de le faire : l’augmentation des coûts énergétiques, des salaires, des loyers et surtout le prix des denrées alimentaires. Tout cela n’est pour eux plus tenable. Quand on les interroge, tous les restaurateurs tiennent le même discours : alors que les clients ont l’impression que le restaurant devient de plus en plus cher, les chefs vous démontrent que leur marge devient de plus en plus réduite, jusqu’à mettre en péril l’existence même de leur entreprise. Une situation dans laquelle personne est satisfait ni le client, ni le restaurateur… Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond. Une enquête menée par l’émission #Investigation diffusée le 21 février sur la RTBF le mentionnait déjà. Intitulé « Restos : Faillites au menu », le reportage se penchait sur la réalité pas toute rose du secteur HoReCa en Belgique. Il faut dire qu’un grand vent de fermetures souffle en ce moment. Selon l’office belge de statistique, Statbel, on comptait près de 1 200 faillites en 2023. C’est 13,1% de plus qu’en 2016. « Pour faire le traditionnel ‘3 points’ recommandé en horecanous devrions tout simplement doubler nos prix.« , nous explique Jacques, un restaurateur de Boitsfort, qui a, lui, réduit sa carte au fil des mois en excluant certains produits devenus trop chers. « Pour nous aussi, les pâtes ont augmenté de 30%, mais quand on en commande plusiseurs dizaines de kilos par mois, et que ces augmentations s’observent sur tous les produits, c’est notre marge qui fond comme neige au soleil ». Dans cette pétition: les restaurateurs demandent que l’on puisse leur donner une bulle d’air: taxes, cotisations patronales, charges sociales: autant de frais que l’État pourrait réduire pour les aider. Le risque, explique le secteur, c’est que le paysage Bruxellois soit dépouillé de ses restaurants. Chaque semaine des restaurants ferment, et le métier se meurt doucement. Jean-Luc Colin, membre administrateur de la fédération Horeca De Bruxelles et restaurateur depuis plus de 35 ans nous interpelle : « Avec l’augmentation du prix des denrées alimentaires, l’explosion du prix de l’énergie, et l’inflation qui nous a amené à devoir augmenter notre personnel de près de 20 % en moins de deux ans, notre marge a littéralement fondu. Aujourd’hui, 80 % des restaurateurs ne vendent pas leur menu au juste prix et ça c’est un problème parce que c’est tout le secteur qui souffre. Quand nous achetons des marchandises à 6 % de TVA et que nous les revendons à 21 % de TVA, nous perdons énormément d’argent… »

Ce matin, la pétition a été lancée et si le secteur parvient à faire de cette action un gros succès, alors peut-être qu’à deux mois des élections, certains politiciens proposeront des solutions pour aider plus concrètement un secteur qui n’en finit plus de crier sa détresse. Pour signer cette pétition, suivez ce lien.

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